carmenPrends garde à toi! À l’issue de la représentation de Carmen, la véritable histoire, spectacle joué et mis en scène par la troupe de l’Infini Théâtre, cette injonction résonne à nos oreilles. La bohémienne imaginée par Prosper Mérimée et immortalisée par Georges Bizet n’a pas laissé nos rhétos indifférents à l’issue de la représentation. Envie d’un avis éclairé sur le spectacle s’il se rejoue près de chez vous? Voici quelques retours critiques qui vous aideront assurément.

Merci à Justine Leclerq, Amélie Rimac et Justine Tommasin pour leur contribution talentueuse.

POUR

Carmen, gitane emblématique, sensuelle et sulfureuse, renaît dans la pièce de Dominique Serron: « Carmen – la véritable histoire ».

Carmen, c’est l’histoire de José Navarro, jeune soldat basque qui, un jour, croise le chemin d’une bohémienne à la beauté inhumaine. Prosper Mérimée, dans sa nouvelle, nous transporte dans l’univers des gitans en plein cœur de l’Andalousie, et Dominique Serron, dans sa réécriture théâtrale, y arrive à merveille également.

Sur scène, cinq hommes conviés par Prosper sont présents pour entendre le récit de la fabuleuse Carmen. En jouant le brigadier à tour de rôle, les cinq acteurs espèrent rencontrer cette rom. Par l’imaginaire de ces hommes, nous découvrons les différentes facettes de Carmen. Femme fatale et symbole de liberté, sensible et fière, insoumise et amoureuse. Cinq hommes, cinq fantasmes, cinq Carmen! De quoi faire tourner la tête des spectateurs!

Alors oui, tout cela ressemble à un effroyable capharnaüm. Mais, croyez-le ou non, ça marche. On saisit bien rapidement le concept et on finit par s’attacher aux acteurs. On a tous notre Joés et notre Carmen préféré! Ce changement d’acteur rend les scènes agréables, légères et ne gène pas la compréhension de l’histoire.

Venons-en à l’orchestre, qui joue des musiques modernes mais également le si célèbre « L’amour est enfant de bohême… »! Quel plaisir d’avoir cet accompagnement. Et qui dit musique dit danses, un atout encore très agréable. Et je ne vous parle pas du décor! Une simple armoire qui contient toutes sortes de petits trésors qui font leur apparition tout le long du spectacle. Quand on jette un oeil vers ce meuble, on ne peut s’empêcher de se demander à quoi se rapporte tel ou tel objet. En résumé: original, amusant, enthousiaste et entraînant sont les maîtres mots de cette pièce.

Et vous, quelle facette de Carmen va vous envoûter? Pour le savoir, venez voir le spectacle au Palais des Beaux-Arts de Charleroi, du 21 au 24 octobre.

CONTRE

Nous sommes le 21 octobre 2015 et chaque parcelle de votre corps crie « Retour vers le futur ». Mais vous voilà en partance pour aller voir « Carmen – la véritable histoire ». Mauvais idée…

Mise en scène par Serron et interprétée par l’Infini Théâtre, l’oeuvre de Mérimée n’a pas vraiment été valorisée. L’histoire était pourtant à la portée de tout simple d’esprit: une jeune gitane s’amuse avec le cœur de José, pendu à ses sabots espagnols. Et ça dure! Les maîtres mots sont donc amour, haine et frivolité. Le fond est très intéressant. Malheureusement, cette fidélité au texte qui aurait pu être un avantage est devenue un inconvénient à cause de la longueur de la pièce: cela crée une rupture de rythme qui empêche le spectateur de maintenir son intérêt pour la pièce.

La mise en scène est indescriptible. Impossible de la définir comme un coup de génie ou comme une improvisation totale. Certains déplacements font « brouillon » tant que d’autres ont un sens symbolique. Et il fait tellement chaud qu’on a du mal à réfléchir.

Concernant les conventions théâtrales, force est de constater que tout est brillant. La pièce peut être qualifiée de réécriture « jazz » où l’ambiance feutrée est fort agréable. « Carmen » était formidable durant quarante minutes: un orchestre parfait, des chansons entraînantes, des acteurs très doués… Hélas, il reste beaucoup de temps avant la fin de l’histoire. Le plafond devient vitre plus intéressant que le saxophoniste.

En résumé, « Carmen » éblouit par son absence de quatrième mur, sa bande-son et ses acteurs mais fonce dans le mur à cause de sa longueur. Marty Mc Fly aurait fait plus de ravages.

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