On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans: réécritures

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summerfield-336672_1280Vous connaissez probablement le poème Roman d’Arthur Rimbaud; vous le connaissez plus particulièrement grâce à cet alexandrin, « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans », premier et avant-dernier vers de ce poème lié à la jeunesse, ses passions et ses inconséquences.

Les élèves de cinquième secondaire (ou, pour mieux dire, les élèves de poésie) se sont attaqués à une réécriture de ce monument littéraire.

Leurs vers ne conservent pas toujours le même charme que ceux du poète maudit mais, une chose est sure, les étudiants ont des choses à dire sur leur génération et manient à l’envi les figures de style.

Tiens! Et si vous essayez de les retrouver dans les textes qui suivent? Proposez votre réponse en commentaire.

Anonyme, Roman

On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans?
On n’est pas vieux quand on n’est plus un enfant         Parallélisme    Antithèse
Enfin arrogant face au temps
L’âge des plus puissants

Dans un océan d’adolescents en mouvement                 Métaphore filée
Dans un sentiment qui nous secoue                               Anaphore
Vagues de jeunesse et d’ivresse
Plongée dans une violente tendresse                             Oxymore

La fête danse inconsciente
Assourdie par la caresse d’un sifflement perçant ses tympans     Hyperbole
Vibrante dans le bourdonnement des baffles bombardant
Elle est saoule et chante                                                  Allégorie

Le rythme des pulsations gronde
Les jeunes cœurs enivrés d’ondes                                     Métonymie
On est heureux et jouissant
De ces instants insouciants

La fête bestiale
Grogne à travers la nuit
La marche bancale
L’animal étourdit

Les soirées sont comme des cimetières d’innocences
Ces tombes nous remplissent de nouvelles expériences   Comparaison filée
Une foule de différences
Sombre dans une magnifique déchéance                         Personnification

On n’est pas sérieux lorsqu’on est au milieu
De nos amis, nos amours, de nos vies, nos jours              Anaphore
On est chanceux lorsqu’on est que des morveux
Qui palpitent au son des tambours

Alors apprenez, vous les grands
Qui répètez incessamment:
« On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans »
Qu’il est impossible de vous entendre dans ce bien-être bruyant.

Retrouverez-vous dans ce texte: un parallélisme, une antithèse, une allégorie, une anaphore, une métaphore filée, une personnification, une allitération, un oxymore, une métonymie, une comparaison filée, une hyperbole?

 

 

Tristana Sorella, Roman

On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans
On n’est pas sérieux quand on a dix-huit ans                   Anaphore
Ni même dix-neuf ou vingt ans
On ne prend jamais vraiment conscience des choses

(…)

La vérité c’est qu’on se plonge dans nos propres mensonges                        Métaphore in absentia
Les pires sont ceux que l’on se raconte à soi-même avant de s’endormir
On les murmure dans l’obscurité
Et ils finissent quelques secondes plus tard oubliés, envolés
Emportés par le vent vivant virevoltant                                                         Allitération
Qui s’en va vite tel un enfant sifflant
Comme s’ils n’avaient jamais été prononcés

(…)

On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans
On n’est pas sérieux qu’on soit adultes ou enfants.

Retrouverez-vous dans ce texte: une anaphore, une métaphore in absentia, une allitération?

 

Justine Leclercq, Roman

On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans
Un samedi soir, au bord du coma idyllique                               Paronomase
Dans un endroit enfumé et fort peu séduisant                          Périphrase
On rêve de celui qui rendra notre vie moins platonique

Le quotidien nous séduit moins au mois de juin                       Assonance
Il fait trop chaud et votre coiffure est une vraie galère
Il y a trop de bruit dans cette ville qui n’entend rien                 Personnification
Et on en a marre du rosé sucré et de la bière.

On rêve d’aventures et de voir le monde
C’est en sortant du café, avec l’envie de mourir                        Hyperbole
Que ce garçon, en un fragment de seconde
Vous fait vous sentir plus précieuse que de la myrrhe.

Et comme il vous dorlote dans un écrin chaud,
Tout en vous frottant le dos sous votre manteau,
Il ose vous coller à lui sans dire un mot
Et dépose sur vos lèvres un sentiment nouveau.                       Métonymie

Vous ne voyez plus que lui. Cœur volé pour un bon moment.
Vous ne voyez plus que lui. Ses sourires sont des étoiles.        Métaphore        Anaphore
Vos amis trouvent votre bonheur un peu entêtant
Mais il n’y a que votre mère pour vous faire la morale.

De retour un samedi soir, ce café vous semble plus attrayant
D’ailleurs dans votre estomac, il n’y a plus de nœuds
On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans
Seul l’amour vous fait grandir un peu.

Retrouverez-vous dans ce texte: une paronomase,  une périphrase, une assonance, une personnification, une hyperbole, une comparaison, une métonymie, une anaphore, une métaphore?

 

Térence Laduron, Roman

On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans,

Certains soirs, marre des études et aussi des devoirs,

De tous ces livres et ces textes chiants.

On laisse tout sur place et sans honte on se barre.

 

On sent comme un appel dans le vent qui se lève!

Un peu comme une sirène qui chante à ton oreille.

Comme un air de musique qui monte comme la sève,

Comme un air entêtant et des rêves sans sommeil.

 

– Voilà que t’imagines une boule à facettes,

entourée de lumière et de spots aveuglants,

Crevant l’obscurité et préparant la fête,

Elle grise tout ton être et échauffe ton sang.

 

Naïf suprême ! T’es jeune et beau, tu peux pas t’arrêter.

Les basses au coeur te cognent et te laissent tremblant.

L’alcool trouble fête commence à t’effacer

T’es déjà plus toi-même et tu t’enjailles franchement.

 

C’est là qu’ sur le dancefloor, t’a repéré une fille

qui d’un coup donne de l’air à ton corps essoufflé,

Elle réveille ton désir et fait naître l’envie.

Elle fait vibrer tes fibres et sa toile est tissée.

 

Avec tes dix-sept ans, t’es plus de la dernière pluie.

Ce sera pour ce soir ou peut-être jamais.

C’est vraiment pas le moment de sortir ton parapluie,

Il faut que tu te décides, que tu la chopes en premier.

 

C’est maintenant que ça se passe! On n’a que toute la nuit…

C’est maintenant que ça se passe! Voilà qu’elle t’enhardit.

Y’ a plus personne autour, ni de toi ni même d’elle…

Tu la prends dans tes bras, tu te sens pousser des ailes.

 

Tu sais bien que demain, tu retrouveras tes devoirs,

et aussi tous tes livres et tes textes chiants,

On n’est pas sérieux quand on a dix­sept ans!

Donc, jusque là mon vieux, y’a des trucs plus pressants.

 

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