Les mythes inspirent les auteurs modernes… mais aussi nos élèves de rhéto.

Voici trois réécritures. Reconnaîtrez-vous les versions originales?

Amusez-vous à repérer les correspondances entre le mythe de base et la réécriture.

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Florine Lebeau:

« Marius avait tout pour être heureux : une femme, Bérénice, des enfants, des amis, un travail correct et une belle maison. C’était un homme éloquent, persuasif et charmant.

Un matin, en lisant le journal dans le train avant de se rendre au boulot, il fut ébahi par le nombre de problèmes politiques expliqués dans la presse. Politique migratoire, décrets européens, désaccords internationaux etc. Arrivé à son bureau, il lance un débat sur un sujet délicat avec ses collègues : l’immigration. Tous d’avis divergents, Marius se lance dans un plan qui satisferait tout le monde pour une société meilleure. Par son éloquence et son charisme, il séduit tous ses camarades.

« Présente-toi aux élections, tiens ! » disaient-ils. Fou rire général.

Après cette phase de rigolade, le travail reprit de plus belle. Marius cependant intrigué par cette proposition, dès son retour à la maison, s’informa rigoureusement sur une possible carrière politique, lu des livres sur l’organisation politique, se documenta sur les problèmes sociétaux majeurs. Bérénice, surprise par cette folle idée, l’encouragea coute que coute. Des jours, des semaines et des mois passèrent, arrive le moment des élections. Soutenu par toute sa petite famille, il se lance dans un challenge plutôt risqué.

La rédaction de son programme faite, il se présente finalement dans un parti peu connu et peu sous les feux des projecteurs. Au fil de la campagne, les soutiens arrivent de partout, il devient le favori pour accéder à un poste au Parlement.

Jour-J, le vote crucial, les isoloirs, le dépouillement… Marius attend le résultat auprès de sa famille qu’il aime tant, encouragé par ses amis. La pièce tombe : il est élu au Parlement pour représenter le parti tant épaulé. Plein de reconnaissance envers ses électeurs, il se sent pousser des ailes.

Une nouvelle vie commence, il ne le savait pas encore…

Très vite débordé par son nouveau travail, il revient de moins en moins chez lui… Bérénice, inquiète, essaie tant bien que mal de supporter son absence et de le soutenir comme au tout début, ses enfants font de même. La situation prend une ampleur énorme, et Marius monte dans les échelons politiques. Après huit mois de fonctions, c’est la rupture. Les deux parties craquent. D’une part, le nouvel homme politique ne trouve plus la place pour sa famille, d’autre part, sa famille ne peut supporter davantage son absence.

Dans cette séparation, il perd le plus important, son épouse et tous ses proches. Mais peut-être gagne-t-il beaucoup plus au final… »

Mythe: Le sacrifice d’Iphigénie

                Pour que les vents soient favorables à la flotte grecque en partance pour combattre Troie et reprendre Hélène, Agamemnon n’a pas d’autres choix que de sacrifier sa fille Iphigénie sous la volonté des dieux. En tant que chef des troupes, il se doit de faire des sacrifices, il ne peut faire autrement…

Les valeurs que j’ai pu retrouver dans ce mythe sont celles de :

  • La gloire
  • L’ambition
  • L’audace
  • La détermination

Nathan Zampuniéris:

« Hillary, femme d’État et ex Première Dame des États-Unis d’Amérique, vit avec son mari Bill, ancien président, qui s’est fait prendre sa place par l’ex président Bush, à cause de ses nombreuses fautes de conduite à répétition, le condamnant donc à vivre reclus chez lui. Durant l’élection de l’année dernière, Hillary a dû faire face, une fois de plus, à un problème de taille : la pression de la défaite. Le fait que son mari ait été remplacé par Bush l’empêchait d’agir ou de faire quoi que ce soit. Alors qu’il s’apitoyait sur son sort, Hillary eut l’idée brillante de se présenter aux présidentielles, pour qu’ils puissent, ensemble, s’échapper de cette forteresse de solitude que Bill avait bâti tout autour d’eux. Plus sa campagne avançait, plus elle persuadait de gens de se rallier à sa cause, et plus elle se sentait pousser des ailes. Puis vint le jour fatidique du premier débat. S’en sortant très bien, Hillary n’eu de cesse d’attaquer son adversaire, cet homme à la crinière solaire, irradiant d’un feu orange, tant dans ses paroles que dans son paraître. S’attaquant au fur et à mesure des débats de plus en plus à sa personne, elle avait sciemment ignoré les conseils de son mari, qui lui avait interdit de s’abaisser à attaquer la personne, et non les arguments, et de trop s’élever dans son estime personnelle. Elle l’a donc fait et, dans sa course au pouvoir, elle ne vit pas que son adversaire faisait fondre les ailes qu’elle s’était sentie pousser à coup d’argument. Ce fut alors pour elle une chute sans fin vers les eaux froides et implacables de sa défaite. »

Mythe: La chute d’Icare

Victoria Paredes

« Il était une fois, une lointaine contrée remplie de couleurs. Cela allait de l’arc-en-ciel des épices dans les marchés aux saris bariolés croisés dans les étroites rues, des palais somptueux aux encens aux effluves envoûtantes. Les immeubles tels les doigts de la Terre touchaient le bleu du ciel. La chaleur, présente toute l’année durant, donnait une certaine ambiance. Le bruit des maraîchers, des paroles échangées au coin de la rue, les vaches meuglant, les éléphants barrissant ; autant de bruits résultant des activités des vivants. Tout n’était que sons et couleurs, tout n’était que vie. Dans ce pays, vivait une famille. Elle possédait un immense empire pétrolier. Celle-ci, symbole d’une nation, était l’image même de la perfection, beaux vêtements, fêtes majestueuses, mari juste,un fils superbe. Ils étaient à la limite du cliché de la famille parfaite. Ils avaient un fils. Il était, pour ses parents le plus précieux des trésors. Longtemps, ceux-ci n’eurent aucun enfant. Ce manque de descendance les désespérants. Une nuit, la femme eut un songe. Quelques mois plus tard, elle enfanta d’un garçon. Ce dernier avait un avenir déjà tracé. En effet, il prendrait la tête de l’empire, organiserait des fêtes luxueuses, dirigerait la société de la même manière que son père, aurait autant de nourriture, de femmes qu’il le voudrait. Une existence parfaite. Il se maria, eut un fils. Jamais il ne connu la souffrance ni même la réalité de la vie tant ses bons cotés que ses mauvais. Cette réalité, il la rencontra après avoir quitté sa femme et son fils, lorsqu’il partit à la recherche de la sagesse.Il abandonna sa position, tout ce qu’il avait pour cette quête. Il rencontra un vieillard. Ses cheveux étaient blancs tel l’ivoire des défenses des éléphants. Il lui manquait des dents. N’ayant jamais vu de vieillard, ce fut une révélation sur la vie, sur son coté éphémère. Il se rendit, avant de trouver la sagesse, encore compte de trois autres choses. Il rencontra un malade qui lui ouvrit les yeux sur la fragilité des biens comparés à la bonne santé. Il rencontra ensuite la mort. De cet événement, arrivé au coin d’une rue, il s’aperçut de l’incertitude de la vie. Celle-ci est quelque chose qu’il faut chérir tant qu’on la possède. Pour finir, il se heurta à un homme. Celui-ci avait renoncé à tout pour, comme lui, rechercher un moyen de se libérer de la vieillesse, de la mort et de la maladie et une façon d’en faire profiter à tous les vivants. Le fils en fut admiratif. Tel était l’homme qu’il voulait devenir. Lui aussi avait renoncé à tout pour cet idéal. Lui aussi voulait aider l’humanité, supprimer la vieillesse, la souffrance et la mort. Tel fut son but jusqu’à sa propre mort. »

 Légende du Bouddha

Valeurs: liberté, entraide, recherche d’un idéal.

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